Le slugging : geste dermato ou tendance réseaux ?
Le slugging consiste à s’enduire l’ensemble du visage d’une couche de vaseline pure en toute dernière étape de la routine du soir, et à la laisser poser toute la nuit comme un masque. Le nom vient de l’anglais slug, « limace » — assez évocateur de la texture épaisse et gluante de la vaseline une fois étalée. Le principe est né en Corée avant d’être popularisé par les réseaux sociaux, mais il repose sur une pratique dermatologique bien plus ancienne que le mot lui-même.
- Dernière étape de la routine du soir
- Couche épaisse de vaseline pure sur tout le visage, à laisser poser toute la nuit
- Réduit la perte en eau transépidermique en créant une barrière occlusive
- Emprisonne aussi les actifs appliqués juste avant, sous le même film
- Peau sèche, normale à tendance sèche, ou sensible à barrière compromise, surtout l’hiver
- À éviter sur peau mixte, grasse ou à tendance acnéique
- Rétinoïdes, AHA (glycolique, lactique, mandélique…), BHA (salicylique)
- Leur effet est amplifié sous occlusion : risque d’irritation et de rougeurs

Le protocole, étape par étape
- Nettoyer le visage — étape non négociable : une peau mal nettoyée peut capturer saletés et bactéries sous la vaseline toute la nuit, et provoquer des boutons.
- Les soins habituels — sérums, contour des yeux, puis crème hydratante — dans cet ordre, comme pour toute routine du soir.
- La vaseline, en dernier — une couche épaisse sur tout le visage, pour sceller l’ensemble avant d’aller se coucher.
- Le lendemain — laver le visage avec un nettoyant adapté — pas question de garder le film toute la journée.
Pourquoi la vaseline précisément
La vaseline (INCI : Petrolatum) fait partie des huiles minérales, dérivées du pétrole — par opposition aux huiles végétales. Sa texture très visqueuse vient de sa structure chimique : un mélange complexe d’hydrocarbures saturés à chaîne linéaire. L’alignement de ces chaînes droites forme une sorte de « palissade serrée » qui empêche le passage d’autres molécules — c’est ce qui crée l’effet occlusif, très différent des huiles végétales, composées de molécules plus diverses (groupes insaturés, aromatiques) et donc moins uniformément occlusives.

Ce qu’en dit la science — l’avis d’un directeur scientifique
Nous avons interrogé sur la fiabilité de ce concept le Dr Björn Örvar, cofondateur et directeur scientifique de BIOEFFECT :
— Dr Björn Örvar, cofondateur et directeur scientifique de BIOEFFECT
Sa réserve porte surtout sur le choix du produit : une couche qui reste au contact de la peau pendant de nombreuses heures doit être irréprochable côté formule.
— Dr Björn Örvar, BIOEFFECT
Un usage plus léger : ce qu’on retient d’un tutoriel pratique
Utilisée seule, en petite quantité plutôt qu’en couche de masque complet, la vaseline sert surtout à sceller la crème hydratante appliquée juste avant — elle scelle, elle n’hydrate pas à elle seule : la crème apporte l’eau, la vaseline empêche cette eau de s’évaporer. Un tutoriel bien construit sur le sujet rappelle quelques règles simples : une noisette de la taille d’un petit pois suffit (surtout pas la couche épaisse vue sur certaines vidéos, qui peut boucher les pores et favoriser les imperfections) ; on la réchauffe entre les mains avant de l’appliquer en couche fine ; on réserve l’usage à la nuit (le jour, sous le maquillage, l’effet devient vite trop gras) ; on insiste un peu plus sur les zones où la peau est plus fine et marque plus vite — cernes, entre les sourcils, plis du sourire, cou.
Utilisée ainsi, avec constance sur 2 à 4 semaines, elle peut atténuer l’aspect des ridules de déshydratation en gardant la peau mieux hydratée en profondeur — un effet de confort réel, mais qui ne remplace ni un vrai actif anti-âge ni la crème elle-même.
