BLACKPINK : l’histoire du groupe qui a conquis le monde 🖤🩷
📖 Prologue
Il existe une image que peu de gens connaissent : celle de quatre adolescentes venues de Corée, de Nouvelle-Zélande, d’Australie et de Thaïlande, qui répètent seules dans un studio de Séoul pendant que d’autres groupes, formés en quelques mois à peine, montent déjà sur scène et raflent les récompenses. YG Entertainment les fait attendre. Certaines patientent depuis six ans. Personne, à l’époque, ne peut dire si ce pari a un sens — surtout que la même année où elles doivent enfin débuter, l’agence voit s’effondrer son précédent groupe féminin phare. Dix ans plus tard, ces quatre mêmes filles remplissent des stades que peu de pop stars occidentales osent remplir seules, ouvrent la voie à toute une génération de groupes féminins coréens sur les scènes mondiales, et voient l’une d’entre elles décrocher, en featuring sur une chanson, l’un des plus gros tubes planétaires de la décennie. Comment passe-t-on de l’attente à l’Histoire ? C’est ce que raconte cet article — en six actes, comme les six moments où tout aurait pu basculer.
🌱 Acte 1 — La fabrique du rêve (2010-2016)

Chez YG Entertainment, on ne débute pas un groupe à la légère. Alors que la concurrence — JYP, SM, et bientôt une nouvelle venue nommée HYBE — enchaîne les débuts en quelques mois de formation, YG fait un choix à contre-courant : il attend, encore et encore. Jennie rentre de ses années de scolarité en Nouvelle-Zélande et intègre la maison dès 2010. Lisa, venue de Thaïlande, remporte cette même année un concours qui la fait recruter directement — elle devient la toute première trainee non coréenne de l’agence. Jisoo est repérée en 2011 alors qu’elle envisageait des études de journalisme. Rosé, née à Auckland et élevée à Melbourne, passe une audition à Sydney en 2012 et s’installe seule à Séoul, encore adolescente, sans parler un mot de coréen.
Ce que ces quatre filles ne savent pas encore, c’est combien de temps elles vont devoir attendre. Certaines trainees recrutées à la même période quittent l’agence en cours de route, épuisées par l’incertitude et par la dureté du régime d’entraînement — des journées qui frisent quatorze heures, danse, chant, cours de langue, discipline alimentaire, et un examen mensuel éliminatoire devant les dirigeants de l’agence, sans filet, pour celles qui ne progressent pas. Pendant que d’autres maisons lancent un nouveau girl group presque chaque année, YG laisse filer 2011, 2012, 2013, 2014, 2015. La presse coréenne commence à s’interroger ouvertement : l’agence a-t-elle perdu la main sur les groupes féminins ? La question devient brûlante en 2016, quand 2NE1, le précédent fleuron féminin de la maison, se sépare officiellement — la même année où YG doit enfin lancer ses nouvelles recrues. Le risque est réel et double : plus l’attente se prolonge, plus les filles vieillissent pour un marché qui valorise la jeunesse à l’excès, et l’agence doit désormais faire ses preuves sans filet, avec un groupe précédent qui vient de s’effondrer sous ses yeux.
Le projet a d’ailleurs longtemps porté un autre nom en interne : Pink Punk. Sa formation, elle aussi, a fluctué au fil des années — plusieurs récits d’anciennes trainees et des photos de l’époque évoquent un format à cinq, voire davantage, avant que la ligne finale ne se resserre à quatre. L’une de ces trainees, Cho Miyeon, apparaît sur des clichés de pré-débuts aux côtés de Jennie, Lisa, Jisoo et Rosé. Plusieurs récits, jamais confirmés officiellement par l’agence, évoquent un voyage à l’étranger effectué avec son petit ami pendant cette période d’attente interminable. Si l’anecdote est vraie, elle ne contredit d’ailleurs pas la thèse des années de report : plus l’attente s’éternise sans certitude de débuter un jour, plus la tentation de vivre, ne serait-ce qu’un instant, une vie de jeune fille ordinaire devient grande. Quoi qu’il en soit des raisons exactes, elle quitte l’aventure avant le lancement officiel et débute finalement dans un autre groupe, (G)I-DLE, chez une autre agence — un parcours que nous racontons plus en détail dans notre article qui lui est consacré. Un chemin qui aurait pu être tout autre pour BLACKPINK — et un rappel que même l’attente la plus rigoureusement calculée laisse une place au hasard.
Les durées d’entraînement, à elles seules, racontent l’ampleur du pari : Jisoo aura patienté près de six ans avant de monter sur scène, Rosé un peu plus de quatre. À titre de comparaison, la plupart des groupes rivaux débutent leurs trainees après un an ou deux. YG mise sur la durée là où l’industrie entière mise sur la vitesse.
C’est dans cette tension — le pari d’un entraînement hors norme contre l’urgence du marché, l’ombre d’un échec récent planant sur l’agence — que se joue tout le reste de l’histoire.
💥 Acte 2 — L’explosion (2016-2018)

Le 8 août 2016, YG lève enfin le voile. Le girl group s’appelle BLACKPINK — un nom pensé pour casser l’idée reçue que le rose est une couleur uniquement douce et jolie. Contrairement à l’usage, qui veut qu’un groupe sorte un seul titre-phare pour ses débuts, YG dégaine deux chansons d’un coup, « Boombayah » et « Whistle », sur le mini-album « Square One » — et les deux grimpent simultanément en tête des classements coréens. « Whistle » réalise même ce que l’industrie appelle un « perfect all-kill » : numéro un simultanément sur toutes les plateformes de streaming du pays, une performance rarissime pour un groupe qui vient tout juste de naître. Quatorze jours après leurs débuts, elles remportent déjà leur premier trophée dans une émission musicale — l’étiquette de simples « rookies » ne leur colle pas longtemps à la peau. Aucun groupe féminin n’avait réussi ça dès ses débuts. En quelques semaines, l’attente de six ans cesse de ressembler à un retard pour devenir, rétrospectivement, une stratégie.
La communauté de fans, très vite, se donne un nom : le 17 janvier 2017, BLINK — contraction de « Black » et « Pink », avec un clin d’œil au mot anglais pour « clignement d’œil » — devient officiel. Suivent « Playing with Fire » fin 2016, puis « As If It’s Your Last » en 2017, pensée spécifiquement comme un cadeau pour les fans plutôt que comme un single de charts ; elle devient malgré tout, en quelques semaines, la vidéo la plus aimée jamais publiée par un groupe féminin sur YouTube. La conquête ne s’arrête d’ailleurs pas aux frontières coréennes : en juillet 2017, un showcase organisé au mythique Nippon Budokan de Tokyo tourne à l’événement — quatorze mille places disponibles pour plus de deux cent mille demandes de billets. Leur premier album japonais entre directement numéro un des ventes.
Mais c’est en 2018, avec l’album « Square Up » et son titre « Ddu-Du Ddu-Du », que le groupe change d’échelle : le clip explose les compteurs YouTube dès sa sortie et devient, à l’époque, la vidéo la plus vue en 24 heures jamais publiée par un groupe coréen. Un an et demi plus tard, il deviendra même le tout premier clip d’un groupe coréen, tous genres confondus, à franchir le milliard de vues sur YouTube ; il en compte aujourd’hui plus de 2,3 milliards. La question qui planait sur YG deux ans plus tôt — un groupe féminin condamné avant même de débuter — est définitivement enterrée. BLACKPINK n’est plus une expérience risquée : c’est un phénomène installé.
🌍 Acte 3 — La conquête de l’Ouest (2018-2019)

Percer en Corée, aussi spectaculairement soit-il, ne garantit rien à l’international. Beaucoup de groupes coréens restent, malgré un succès domestique solide, quasiment invisibles hors d’Asie. BLACKPINK choisit une voie que peu de groupes féminins ont empruntée avant elles : viser directement l’Ouest, sans attendre d’y être invitées poliment.
En 2018, elles enregistrent « Kiss and Make Up » avec Dua Lipa — l’une des toutes premières collaborations d’un groupe K-pop féminin avec une star pop occidentale de ce calibre. La même année, elles signent avec Interscope Records pour leurs activités internationales : la maison qui, vingt-cinq ans plus tôt, avait financé et distribué Death Row Records, le label de Dr. Dre, Snoop Dogg et Tupac Shakur. Rejoindre ce catalogue-là, ce n’est pas simplement décrocher un contrat américain — c’est entrer dans la même généalogie que les plus grands noms du hip-hop des États-Unis. Puis, en avril 2019, elles montent sur la scène du festival Coachella, en Californie : c’est la première fois qu’un girl group coréen s’y produit, devant un public qui, pour une bonne partie, découvre la K-pop féminine en direct plutôt qu’à travers un clip. Le pari est immense — un faux pas, une performance perçue comme une curiosité exotique plutôt que comme de la pop à part entière, et la porte vers l’Ouest se referme pour des années.
Il n’y a pas de faux pas. Quelques semaines plus tard sort « Kill This Love » : le clip bat, dès sa sortie, le record du plus gros démarrage de l’histoire de YouTube pour une vidéo musicale — près de 58 millions de vues en 24 heures —, au point que la presse française elle-même, via Le Monde, s’empare du sujet pour raconter ce record. Il rejoindra à son tour, un peu plus tard, « Ddu-Du Ddu-Du » au-delà du milliard de vues ; les deux clips en totalisent aujourd’hui plus de 2 milliards chacun. Sur le Billboard 200 américain, le mini-album améliore aussi le propre record du groupe : après l’entrée historique de « Square Up » l’année précédente (40e place, déjà une première pour un girl group coréen à ce niveau), « Kill This Love » grimpe cette fois à la 24e place — le classement le plus haut jamais atteint par un acte féminin coréen sur ce palmarès. BLACKPINK n’est plus seulement suivie par la presse spécialisée en K-pop : entre les plateaux de Stephen Colbert et de Good Morning America, elle entre dans les colonnes de la presse généraliste occidentale, comme un phénomène de l’industrie musicale mondiale à part entière — au point d’être choisies, la même période, comme ambassadrices de l’UNICEF pour sensibiliser une audience mondiale aux enjeux climatiques.
🤍 Acte 4 — Le silence et la peur (2020-2021)

2020 aurait dû être l’année de la consécration totale. Dès avril, Lady Gaga les invite sur « Sour Candy », un titre de son album « Chromatica » — un signe qui ne trompe pas : ce n’est plus BLACKPINK qui cherche à s’exporter, c’est l’industrie occidentale qui vient les chercher. En octobre sort « The Album », leur tout premier album complet, porté par « How You Like That », « Ice Cream » (avec Selena Gomez) et « Lovesick Girls ». Il se vend à près de 600 000 exemplaires en seulement 24 heures, avant de franchir au total la barre du million — une première pour un girl group coréen. « How You Like That » bat de son côté cinq records du Guinness d’un seul coup et cumule 86 millions de vues en 24 heures, un afflux si massif que YouTube doit stabiliser ses propres compteurs ; le titre vaut au groupe un prix aux MTV Video Music Awards, une première pour un girl group coréen dans cette cérémonie. « Ice Cream », lui, grimpe jusqu’à la 13e place du Billboard Hot 100. Sur le papier, la mécanique du succès continue de tourner sans accroc.
Mais le monde s’arrête. La pandémie ferme les salles, gèle les tournées internationales, espace les activités de promotion qui faisaient jusque-là la force du groupe. Pour BLACKPINK, dont toute la stratégie reposait justement sur l’accélération — scènes internationales, festivals, tournées mondiales —, le silence forcé ravive une inquiétude ancienne chez les fans : et si, cette fois, l’élan retombait pour de bon ? Les comebacks s’espacent dangereusement. Les rumeurs sur l’avenir du groupe circulent en boucle sur les réseaux. Le documentaire Netflix « Light Up the Sky », sorti en pleine pandémie, capture ce moment suspendu — celui d’un groupe au sommet de sa puissance, mais brutalement empêché de le démontrer sur scène.
Ne pouvant tourner physiquement, elles inventent une autre échelle. En janvier 2021, leur concert en livestream mondial, « The Show », réunit plus de 280 000 spectateurs payants dans une centaine de pays différents — la preuve qu’un stade peut aussi être numérique, quand les frontières physiques restent closes.
C’est aussi dans ce creux forcé que germent, sans qu’on le sache encore, les futures carrières solo : Jisoo tourne dans la série « Snowdrop », une expérience actorale qui suscite la controverse en Corée mais lui ouvre une voie hors de la musique ; Lisa multiplie de son côté les collaborations mode et les projets personnels. Rien de tout cela n’est encore officialisé comme une stratégie de groupe — ce sont, à l’époque, des initiatives individuelles pour occuper un silence qui s’éternise. Mais elles annoncent, sans le savoir, la bascule qui s’imposera au groupe trois ans plus tard.
🔥 Acte 5 — Le retour qui efface tous les doutes (2022)

La réponse au silence de 2020-2021 arrive avec la puissance d’un uppercut : en août 2022, BLACKPINK revient avec « Born Pink », porté par « Pink Venom » et « Shut Down » — ce dernier titre samplant carrément un concerto de Paganini, signe que le groupe ose désormais aller chercher son inspiration jusque dans le répertoire classique. « Pink Venom » s’installe numéro un mondial pendant deux semaines d’affilée, avant même la sortie de l’album complet. « Born Pink » devient le premier album d’un girl group coréen à dépasser les deux millions d’exemplaires vendus ; aux États-Unis, il atteint la première place du Billboard 200 — une première pour un groupe féminin depuis 2008 — et réalise, au Royaume-Uni comme aux États-Unis, un doublé simultané en tête des classements qu’aucun girl group n’avait plus réussi depuis Destiny’s Child en 2001. La tournée mondiale qui suit devient, tout simplement, la tournée la plus lucrative jamais réalisée par un girl group dans toute l’histoire de la musique. Les deux ans de silence forcé n’ont pas éteint l’engouement : ils l’ont visiblement décuplé.
C’est aussi le moment où l’esthétique du groupe se referme sur elle-même avec malice : le clip de « Shut Down » multiplie les clins d’œil à leurs propres clips passés — « Playing with Fire », « Boombayah », « Whistle », « Ddu-Du Ddu-Du » — comme si BLACKPINK, désormais assez puissante pour se citer elle-même, écrivait sciemment sa propre légende visuelle.
✍️ Acte 6 — Le contrat qui a fait trembler la Toile, et la nouvelle ère (2023-2026)

L’année 2023 ressemble d’abord à une pure consécration physique. En janvier, le groupe est l’invité personnel de Brigitte Macron pour le gala des Pièces Jaunes à Paris, où les quatre membres partagent la scène avec le violoncelliste Gautier Capuçon — un geste qui les installe, en France, bien au-delà du seul public K-pop. En avril, elles deviennent le premier acte asiatique de l’histoire à être tête d’affiche du festival Coachella : une tout autre échelle que leur simple passage sur scène de 2019, cette fois elles ferment la soirée. La tournée Born Pink World Tour engrange, sur l’année, plus de 330 millions de dollars de recettes, battant le record historique détenu jusque-là par les Spice Girls pour devenir la tournée la plus lucrative jamais réalisée par un groupe féminin. Elles referment l’année en étant sacrées Groupe de l’année aux MTV Video Music Awards — une distinction qu’aucun girl group n’avait reçue depuis TLC en 1999.
C’est pourtant, au même moment, que se joue en coulisses le moment le plus tendu de toute l’histoire du groupe. Fin 2023, le contrat des quatre membres avec YG arrive à échéance. Dans l’industrie coréenne, ce type d’échéance a souvent sonné le glas de groupes entiers — désaccords financiers, départs individuels, dissolutions déguisées en simples « pauses ». Pendant des mois, la presse et les fans du monde entier retiennent leur souffle : les quatre filles vont-elles rester ensemble ?
La réponse qui tombe est habile, et elle vient d’abord des quatre principales concernées : toutes renouvellent leur contrat pour les activités de groupe, mais choisissent de ne pas reconduire leurs contrats individuels avec YG pour leurs activités solo. Jennie fonde son propre label, Odd Atelier. Lisa fait de même avec LLOUD. Jisoo rejoint Blissoo, la structure fondée par son frère. Rosé, elle, rejoint The Black Label — le label de Teddy Park, le producteur historique du son BLACKPINK depuis « Whistle » (un choix qui, à lui seul, mériterait un article à part — et qui en aura un). YG accompagne le mouvement plutôt qu’il ne le dicte : l’agence sécurise l’essentiel — l’unité du groupe — en laissant chacune reprendre la main sur sa propre carrière. Ce sont elles, en somme, qui négocient les termes de leur propre indépendance.
La réponse arrive vite, et elle est spectaculaire : dès 2024, Rosé publie « APT. » en duo avec Bruno Mars — un carton mondial, l’un des plus gros succès pop de l’année, toutes nationalités confondues. Jennie et Lisa enchaînent elles aussi projets solo, apparitions cinéma et mode remarquées. Loin d’affaiblir BLACKPINK, ces succès individuels prouvent que chaque membre, prise séparément, est déjà une star à part entière — et que le groupe, en réunissant les quatre, reste plus grand que la somme de ses parties.
Il y a là un paradoxe qui mérite d’être noté. Sur les plateaux d’interview ou hors de la scène, les quatre membres cultivent ce charme mignon et presque fragile qu’on associe souvent, à tort ou à raison, aux idoles asiatiques — sourires timides, gestes délicats, une manière de se faire petites. Sur scène, dans leurs clips ou leurs couplets de rap, elles deviennent tout l’inverse : féroces, sauvages, en pleine possession de leur image et de leur corps. Ce grand écart n’est pas qu’un procédé marketing : il raconte, en creux, la trajectoire même du groupe. Des trainees façonnées pendant des années par une industrie qui leur a d’abord tout dicté sont devenues, une décennie plus tard, des femmes d’affaires capables de négocier leurs propres structures et de faire fructifier leur image en dehors du système qui les a produites — un empowerment rare, et rarement aussi clairement démontrable, pour des artistes longtemps réduites au rôle de produits d’usine.
Restait une dernière question : après ces années de tourments contractuels et de carrières solo éclatantes, le groupe pouvait-il encore se réinventer ensemble ? La réponse commence dès juillet 2025, quand elles lancent le Deadline World Tour au stade de Goyang sans avoir sorti la moindre nouvelle chanson depuis des années — un pari en soi, tenu sur la seule force de leur répertoire passé. Le 11 juillet 2025, « Jump » sort officiellement : enregistré dès janvier 2024 lors d’une session à Miami avec Diplo, Ape Drums et Zecca, un titre hardstyle assumé, taillé pour les stades, porté par des paroles sur la liberté et la sororité retrouvée. Le succès est immédiat, salué jusque dans des cercles inattendus, et devient leur dixième entrée au Billboard Hot 100 — dix titres différents, une régularité que peu de groupes, coréens ou non, peuvent revendiquer sur une aussi longue carrière. Le clip, lui, déclenche une polémique révélatrice de son époque : en juillet 2025, des fans repèrent dans certains plans des bâtiments, des mains et des lettres qui semblent trahir un usage d’intelligence artificielle dans la production visuelle — signe que même un groupe au sommet n’échappe pas aux débats technologiques qui traversent toute l’industrie créative.
En 2026 s’ouvre l’ère « Deadline », avec « Go » et sa symbolique du Yin et du Yang puisée dans le taegeuk coréen — une manière, pour le groupe, de revenir à ses racines visuelles après des années passées à conquérir l’Ouest. Pendant ce temps, Teddy Park prépare de son côté un nouveau projet de groupe mixte au sein de The Black Label — preuve que l’écosystème construit autour de BLACKPINK continue de s’étendre bien au-delà des quatre membres elles-mêmes.

💬 Ce que j’entends dans les discussions de fans
Sur les forums et les réseaux, un débat revient sans cesse depuis 2023 : les activités solo de chaque membre sont-elles en train de tuer le groupe, ou au contraire de le renforcer ? Une partie des BLINK défend l’idée que des membres plus libres, plus riches artistiquement de leurs expériences individuelles, reviennent plus fortes en groupe — l’argument le plus cité étant justement le triomphe de « Jump » après deux ans de projets solo. D’autres, plus inquiets, redoutent qu’un jour l’une d’elles choisisse de ne pas renouveler le prochain contrat, ou que le succès solo d’une seule (Rosé avec « APT. », massivement plus gros que n’importe quel titre du groupe pris isolément) ne finisse par déséquilibrer la dynamique interne. On retrouve, en creux, une inquiétude classique des fandoms de girl groups matures : celle de voir une star individuelle éclipser le collectif qui l’a fabriquée. Rien, pour l’instant, ne vient confirmer ce scénario — mais le simple fait qu’il soit débattu, comeback après comeback, en dit long sur la place que BLACKPINK occupe désormais dans l’imaginaire de ses fans : plus un simple groupe à suivre, presque un récit collectif dont chacun redoute la fin.
⭐ Conclusion
Il y a peu de groupes, dans l’histoire de la pop mondiale, dont on puisse dire qu’ils ont, à eux seuls, ouvert un marché entier. C’est pourtant le cas de BLACKPINK pour la K-pop féminine à l’échelle planétaire : premier girl group coréen à se produire à Coachella, puis premier acte asiatique à en devenir tête d’affiche quatre ans plus tard, records de vues en série, tournée la plus lucrative jamais réalisée par un groupe féminin — record arraché aux Spice Girls —, et quatre carrières solo suffisamment fortes pour que l’industrie entière retienne son souffle à chaque renouvellement de contrat. Le documentaire Netflix qui leur est consacré n’est d’ailleurs pas un hasard : BLACKPINK n’est pas seulement un groupe qu’on écoute, c’est un groupe qu’on raconte.
Et si l’histoire s’était arrêtée à l’un de ces six actes — un contrat non renouvelé en 2016, un Coachella raté en 2019, un silence pandémique qui s’éternise, un contrat 2023 qui tourne mal — rien de tout cela n’existerait. C’est peut-être ça, finalement, la vraie signature de BLACKPINK : un groupe qui, à chaque bifurcation, a choisi la version la plus risquée de son propre avenir.
🔮 Épilogue
Cette histoire n’est qu’une entrée dans un dossier plus large que nous consacrons à BLACKPINK. Pour aller plus loin : qui sont réellement Jisoo, Jennie, Rosé et Lisa derrière les personnages qu’on connaît sur scène ? Comment Teddy Park a-t-il construit, depuis l’ombre, un son où le rap tient une place centrale — fait rare pour un girl group ? Et si vous cherchez par où commencer votre propre collection, notre guide d’achat BLACKPINK vous attend.
